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Combien eut à souffrir
notre chère église !
Sa construction était à peine terminée que la guerre de cent ans
éclatait, et l'anglais victorieux sema la désolation dans nos parages,
pillant et brûlant les églises... en 1351, Saint-Sulpice-de-Favières
servit de lieu fortifié.
En 1446, la forteresse de Saint-Yon fut détruite par les sires de
Montlhéry, et notre église eut encore beaucoup à souffrir ; puis ce sont
les guerres de religion ; la Ligue, la Fronde, et - vers 1652 - au
moment où l'armée de Turenne occupait le pays entre Châtres et Etampes,
le feu fut mis au presbytère, gagna la toiture de l'église, brûla les
fermes, et, sous son action, la nef s'effondra.
Abbé Glimpier,
(manuscrit) curé du lieu 1899
Les journaux relatent :
24 heures.
24 heures |
Arrestation du receveur
de poste
et d'un aviateur canadien.
Ce matin du 29 juin 1944, François
Richard, receveur de la petite poste du village voisin de Saint-Sulpice
de Favières, part comme tous les jours en vélo chercher le courrier de
sa commune à la gare de Breuillet.
François Richard est en fait chef de
groupe « Vengeance » de Saint-Sulpice de Favières.
Une voiture contenant quatre hommes
s'arrête devant la poste de Saint-Sulpice deux d'entre eux y pénètrent
et demandent à son épouse où se trouve M. Richard.
Sonia Richard témoigne :
« Beaucoup de gens à Paris avaient peur
d'être emmenés au STO en Allemagne, certains venaient à Saint-Sulpice
pour y échapper en travaillant dans les bois.Ils venaient souvent à la
poste me demander quand le courrier allait arriver. Quand ces hommes
sont venus me demander mon mari, j'ai pensé qu'ils faisaient partie de
ces gens-là. J'ai donc répondu qu'il était parti à la gare de Breuillet
chercher le courrier. Ces deux-là sont resté chez moi, et les deux
autres sont partis avec la voiture chercher mon mari à Breuillet ».
Témoignage de Sonia Chacou, veuve de
François Richard.
Ceci est un extrait du « Bulletin de la
société historique de Dourdan en Hurepoix » numéro 49.
Un article est consacré au maquis de Sermaise et à la rafle des 19 et 23
juin 1944 à Dourdan et Saint-Sulpice.
Vous pouvez vous procurer ce numéro auprès de M. Bruno Durand, 8 rue de
Corbreuse 91410 Richardville Tél : 01.64.95.74.57.
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Tapie dans la vallée de la Renarde, la
petite ville de Saint-Sulpice possède une magnifique église où on peut
voir comme un résumé de l'évolution de l'architecture gothique.
En effet, cette église a été commencée au temps de Saint-Louis, mais
certaines de ses parties n'ont été achevées qu'au XV éme siècle.
Vue de l'extérieur, du côté de l'abside, l'église de Saint-Sulpice fait
un effet prodigieux. Trois étages de longues baies ogivales se
superposent et donnent au monument une allure d'exquise légèreté. Les
verrières qui ornent ces baies sont toutes du même style.
A l'autre extrémité de l'église s'élève un clocher quadrangulaire, de
bel aspect, quoique de faible hauteur. Ce clocher attend toujours sa
flèche, il est flanqué de sept contreforts surmontés de fleurons
couronnés.
A ses pieds se trouve une chapelle, dite "Chapelle des Miracles". C'est
la partie la plus ancienne du monument ; elle appartient au style ogival
primitif.
On entre dans l'église soit par deux petites portes décorées de
colonnettes à chapiteaux, soit par un grand portail ouvragé à
l'intérieur et à l'extérieur. Malheureusement, le pinacle extérieur de
ce portail est à moitié mutilé. La décoration du tympan date de 1350
environ.
La grande nef, d'une perspective délicieuse, a vraiment l'allure d'une
nef de cathédrale. L'entrée est un peu sombre, parce que les ouvertures
ont été murées et que la lumière n'arrive que par les baies de l'abside
ornées de vitraux anciens qui ont survécu à la négligence et aux
guerres. Ces vitraux, comme la plupart de ceux du XIII ème siècle,
comportent une certaine proportion de grisailles.
Les piliers qui soutiennent la voûte sont élancés et d'une étonnante
légèreté.
A droite et à gauche de la nef s'allongent deux "collatéraux". Il n'y a
pas de transept. L'église possède des sculptures, malheureusement très
mutilées qui sont parmi les meilleures que produisit le XIII ème siècle.
Extrait de Ma petite Patrie G. Gange et L. Moreau (1946 ?) |