procureurs postulants, sergents, etc., si bien que les habitants n'étaient pas assez  nombreux pour fournir tout le personnel. Il y avait semble-t-il plus de juges que de  justiciables. La justice, prévôté ou mairie, était en pleine activité de 1650 à 1653;  Joachim Lefébure en était à la fois le sergent ordinaire, le sergent officier, le sergent-  priseur, et il remplissait aussi les fonctions de commis-substitut. Dans un registre qui  est conservé, on voit qu'il ordonnait à ses sergents de mettre ses actes à exécution et,  qu'obéissant lui-même à ses propres ordres, il saisissait les débiteurs qu'il avait créés. Le château de la Briche, campé sur un rebord du plateau, demeura aux mains de la  famille de Saint-Pol jusqu'à la Révolution.  Cette famille, connue en Bretagne depuis le XIe siècle, est évoquée par une ruelle  de Saint-Sulpice qui porte son nom; elle monte vers la Briche.  Au XVIIIe siècle, Estienne Chrétien de Saint-Pol habitait le château. Il joua un  certain rôle, à la réunion de la noblesse du bailliage, pour la nomination des députés  aux Etats-Généraux. Il avait épousé en 1752 la tante du poète Alfred de Vigny (3). Le  poète mentionne qu'il a écrit à la Briche un poème dédié à Mme de Soubise, en mai  1828.  La Briche revint par testament en 1853 aux des Mazis.  En 1866, le château appartenait au vicomte des Mazis, puis il passa à ses  descendants. Ceux-ci ont vendu la Briche en 1968 au Secours Catholique.  On sait que dans le parc du château on organisa en 1937 et 1939 des représentations de la Passion du Christ, avec des acteurs bénévoles et des habitants de la région.   (1) Henri IV: roi de 1589 à 1610.  (2) Louis XI: roi de 1461 à 1483.  (3) Alfred de Vigny: 1797 - 1863.  La Briche  Réuni fiscalement à Souzy (commune avec laquelle il n'y avait, déjà en 1789,  qu'un seul rôle d'imposition), le hameau était rattaché à Saint-Sulpice-de-Favières  pour le culte. On voit à la Briche une des plus belles fermes de la région, Guillerville, et un  château. Cette ferme, comme la plupart des autres fermes, est organisée autour d'une cour.  A l'extérieur, on remarque des contreforts. Le corps de logis à l'angle sud-est de la  cour est orné d'une tour construite à l'ancienne. On sait que la ferme existait déjà au XVIIe siècle. On y élevait des moutons. Le  troupeau comptait plus de 500 brebis en 1950.  Ces vastes fermes sont actuellement liées, comme celles de  la Beauce, à de grandes exploitations vouées à la  céréaliculture, principalement sur les plateaux.  Dans le parc du château, en direction des Emondants, on  peut voir des roches gravées qui semblent dater de l'âge du  bronze (Ile millénaire avant J.C.; voir sur la carte: le  Polissoir).  Une église située à la Briche, placée sous le vocable de saint  Gilles, a été un lieu de pèlerinage jusqu'à la fin du XVIIIe  siècle. Elle a été détruite vers 1830. Une statue en bois sculpté,  représentant saint Gilles, a été retrouvée dans une des grottes  du parc. Elle est conservée à l'heure actuelle dans la Chapelle  des Miracles de l'église de Saint-Sulpice.  Deux pierres tombales provenant de l'église de Saint-Gilles  sont également à l'intérieur de l'église de Saint-Sulpice.  L'une, datée de 1316, représente Isabelle de la Broce. On se  demande si la Briche ne serait pas une déformation de la  Broce.  Une autre dalle, à l'intérieur de l'église, recouvrait jadis les  restes de Gilles du Couldrier, seigneur de la Briche, mort en  1611, et ceux de sa femme. Tous deux sont représentés côte à  côte, en costume d'époque Henri IV (1).  Au XVe siècle, le propriétaire du château de la Briche était  un nommé Le Prince, écuyer et maître d'hôtel de Louis XI (2),  qui acquit les fiefs de la Bretonnière, de la Norville et de  Guillerville et à la Briche les droits de haute, moyenne et basse  justice. Il mourut en 1505. Son fils Pierre eut deux fils et deux  filles. L'une épousa François de Chartres; l'autre, Gabrielle,  qui avait reçu Guillerville et la Briche, épousa, en 1572,  Etienne de Saint-Pol, seigneur des Emondants. Le hameau de la Briche, où pourtant la population n'a jamais été importante, était  le siège d'une justice complète, comportant prévôt, greffier, procureur fiscal,   Saint-Sulpice-de-Favières