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Robert Lanz

1896-1965

...Quand j'ai envie de quelque chose,

 je le fais avec mes mains.
R. Lanz.

 

Catalogue de Jacques Crépin  

Sa vie en quelques dates

1896
: Lanz Paul Robert Charles Waldemar est né le 1er juillet Villa Brune à Paris. Son père était statuaire et son grand-père, Edouard Kinkelin était aquarelliste.
1920 : il fait un séjour en Suisse puis fait son service militaire.
1921 : il se converti à la religion catholique et fréquente le cercle Saint-Jean de Montmartre où il côtoie, Paul Claudel, Pierre Gaxotte, Isabelle Rivière.

1931  : il part à bicyclette visiter l'Allemagne du sud.
1935 : il enseigne le dessin et l'enluminure à l'infante Marie de Bourbon, mère du roi Juan Carlos d'Espagne.
1937  : il se fixe à Saint-Sulpice-de-Favières avec Suzanne Canoz.

1940 :  il commence les enluminures et la transcription des Illuminations d'Arthur Rimbaud.

1954 : il déménage à Boissy sous Saint-Yon.

1955 : décès de Suzanne Canoz.

1962 : il retourne vivre à Paris. Début de sa maladie.
1965 : après des voyages en Suisse et en Italie, il décède le 24 décembre à Genève (Suisse).

 





 


 

Pierre Gaxotte (de l'académie française) était un ami de Robert Lanz. Voici un extrait de son livre "Les autres et moi" ou il évoque Robert Lanz.

Il se nommait Robert Lanz, mais nous l'appelions Stany et lui-même signait Stany les billets qu'il envoyait à ses amis...
..Ayant passé son enfance dans un atelier encombré de grandes machines blanches qui se transformaient en monuments officiels, il vécut ensuite à l'ombre de Marcel Lenoir qui avait repris l'atelier de son père et qu'il vit peindre des fresques mystiques et fabuleuses. Las sans doute de vivre dans le grandiose, Stany se fit enlumineur.

...Robert Lanz était merveilleusement beau. Pas très grand, le teint rose, les yeux très bleus, le corps d'une élégance parfaite avec une masse de cheveux dorés, des dents éclatantes et une jeunesse paradoxale qui semblait devoir être éternelle.Pendant des années le temps passa sans le marquer...

Peintre, sculpteur, ébéniste, tapissier, expert en illusions, il transformait la matière au gré de sa fantaisie. Avec les matériaux les plus humbles, il fabriquait des corniches, des revêtements en marbre qui étaient du sapin, des tentures qui semblaient tissées d'or et qui étaient des serpillères achetées au bazar voisin...

...Peu avant l'occupation, il s'établit avec sa vieille amie à Saint-Sulpice-de-Favières où j'allai le revoir après la libération. Une fois j'emmenai Jacqueline Apollinaire. Resté souple et agile, il avait perdu ses cheveux et pris son âge, mais c'était toujours le même magicien. Sa petite maison était machinée, truquée, parée, comme la chambre de la rue Myrha. Il en vait fait, en trompe l'œil, un morceau de Versailles...

...En 1959, il ressentit les premières atteintes du mal qui devait l'emporter, un cancer de l'intestin. Opéré plusieurs fois, subissant d'intolérables souffrances, il se suicida dans la clinique de Chêne-Bourg (Genève)où il était hospitalisé. (24 décembre 1965).